Robert Doisneau, qui se définissait comme un pêcheur d'images ou encore comme le braconnier de l'éphémère, est le plus célèbre représentant d'un courant que l'on nomma "photographie humaniste", né dans le sillage du Front Populaire.
Doisneau est un passant patient qui conserve toujours une certaine distance vis-à-vis de ses sujets. Il guette l'anecdote, la petite histoire. Ses photos sont souvent empreintes d'humour mais également de nostalgie et d'un peu d'ironie.

Photographe humaniste

On appelle photographes humanistes ceux qui témoignent, par leurs images, de la dignité de l'homme.

L'humanisme est un courant de pensée philosophique occidentale qui, depuis la Renaissance, croit en une essence éternelle de l'homme, et place en lui sa foi. Cette approche persistante a touché la photographie, notamment dans les années 30 (la grande crise économique) jusqu'au début des années 1960 et même encore de nos jours. Fin 1940 la photographie humaniste se met au diapason du réalisme poétique. Il y a d'ailleurs une grande complicité entre Prévert et Doisneau. Comme Edouard Boubat ou Willy Ronis, appartenant au groupe des XV, Robert Doisneau privilégie plus le contenu émotionnel de ses photographies que leurs formes.